{"id":216,"date":"2022-05-29T15:40:49","date_gmt":"2022-05-29T13:40:49","guid":{"rendered":"https:\/\/festivalkhouribga.org\/fr\/?p=216"},"modified":"2022-06-08T11:57:45","modified_gmt":"2022-06-08T09:57:45","slug":"colloque-le-financement-de-la-production-cinematographique-en-afrique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/festivalkhouribga.org\/fr\/2022\/05\/29\/colloque-le-financement-de-la-production-cinematographique-en-afrique\/","title":{"rendered":"Colloque  : Le financement de la production cin\u00e9matographique en Afrique"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"eplus-wrapper wp-block-paragraph\">\u00c0 travers tous les festivals africains du cin\u00e9ma, la principale probl\u00e9matique d\u00e9battue reste celle du financement de la production cin\u00e9matographique. Et comment est-il financ\u00e9 ? L&rsquo;argent vient-il principalement d&rsquo;Europe\u00a0? Nos cin\u00e9astes ont toujours, lors des rencontres de la FEPACI, sollicit\u00e9 ou revendiqu\u00e9 la mise en place d\u2019un fonds africain pour le cin\u00e9ma africain, un fonds qui soit plac\u00e9 sous l\u2019\u00e9gide de l\u2019Union africaine. En effet, nos cin\u00e9astes africains, chaque fois qu\u2019ils se retrouvent, manifestent leur v\u0153u de faire financer la production cin\u00e9matographique africaine par les producteurs africains, autrement dit par des investisseurs africains.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"eplus-wrapper wp-block-paragraph\">Des voix se sont \u00e9lev\u00e9es, ici m\u00eame \u00e0 Khouribga, pour remettre en question le financement du cin\u00e9ma africain, notamment par la francophonie.\u00a0 Ainsi, les acteurs publics et priv\u00e9s africains sont\u00a0 sollicit\u00e9s, \u00e0 chaque fois, pour contribuer au Fonds Panafricain d\u2019Aide au cin\u00e9ma, une structure r\u00e9volutionnaire dans le Septi\u00e8me Art africain, afin d\u2019\u0153uvrer pour un syst\u00e8me de financement du cin\u00e9ma africain constant et efficient. On a m\u00eame convaincu cette organisation \u00e0 l\u2019inscrire dans ses recommandations dans le cadre d\u2019une coop\u00e9ration bilat\u00e9rale avec l\u2019Organisation internationale de la Francophonie qui manifesta sa disposition \u00e0 \u00a0apporter son aide, mais \u00e0 quelles conditions\u00a0?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"eplus-wrapper wp-block-paragraph\">Dans cette m\u00eame optique, la 22<sup>e<\/sup> \u00e9dition du FICAK choisit pour th\u00e8me au colloque principal du festival et encore une fois, cette probl\u00e9matique combien \u00e9pineuse du financement du cin\u00e9ma d\u2019Afrique. On opta pour ce panel pour deux exp\u00e9riences marocaines dont celle de la jeune r\u00e9alisatrice Mariam Ait Belhoucine et auteure d\u2019une th\u00e8se de doctorat \u00ab&nbsp;Cin\u00e9ma du Maroc&nbsp;\u00bb et celle du v\u00e9t\u00e9ran du cin\u00e9ma marocain Driss Chouika et producteur, en plus d\u2019une exp\u00e9rience camerounaise en la personne du r\u00e9alisateur et producteur r\u00e9alisateur de cin\u00e9ma.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"eplus-wrapper wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized eplus-wrapper\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/festivalkhouribga.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/IMG_0063-1024x575.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-219\" width=\"768\" height=\"431\" srcset=\"https:\/\/festivalkhouribga.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/IMG_0063-1024x575.jpg 1024w, https:\/\/festivalkhouribga.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/IMG_0063-300x168.jpg 300w, https:\/\/festivalkhouribga.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/IMG_0063-768x431.jpg 768w, https:\/\/festivalkhouribga.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/IMG_0063-1536x862.jpg 1536w, https:\/\/festivalkhouribga.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/IMG_0063-2048x1150.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote eplus-wrapper is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Notre jeune r\u00e9alisatrice mit en exergue la contribution du FICAK au d\u00e9veloppement du cin\u00e9ma de notre continent et nota l\u2019ind\u00e9niable attachement des marocains \u00e0 leur identit\u00e9 marocaine et africaine, relata dans les d\u00e9tails son intrusion dans les rouages du cin\u00e9ma. B\u00e9n\u00e9ficiant de fonds publics par le biais du CCM dans le cadre du soutien \u00e0 la production. La jeune r\u00e9alisatrice insista surtout sur le fait que toute production d\u2019un film est appel\u00e9e \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 un besoin socioculturel et artistique \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;une m\u00e9thodologie rigoureuse et \u00e0 la base d\u2019un monde auquel il faut s\u2019adapter \u00e0 l\u2019image d\u2019une jeune m\u00e8re, comme son cas, qui doit vivre l\u2019\u00e9ducation de son enfant.<\/p><p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le soutien de l\u2019\u00c9tat, qui doit continuer d\u2019exister, doit donc accompagner le cin\u00e9ma dans tous ses rouages, dut-elle pr\u00e9ciser, un cin\u00e9ma qui permet aussi l\u2019ouverture vers d\u2019autres cin\u00e9mas. En dehors du Maroc, chercher d\u2019autres sources de financements. Mais \u00e0 quelles conditions&nbsp;? On peut aussi impliquer le financement priv\u00e9 dans la production cin\u00e9matographique par le biais des entreprises, mais c\u2019est un rouage qui doit \u00eatre institutionnalis\u00e9. L\u2019investissement \u00e0 retour n\u00e9cessite aussi un arsenal juridique et la vente vers les chaines et les plateformes audiovisuelles se trouve handicap\u00e9e par l\u2019absence de salles de cin\u00e9ma ou de plateformes de commercialisation. Mariam fit part enfin \u00e0 l\u2019assistance des &nbsp;d\u00e9chirures id\u00e9ologiques et des manipulations \u00e9motionnelles que vivent nos jeunes r\u00e9alisateurs.<\/p><cite> Mariam Ait Lhoucine<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote eplus-wrapper is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le r\u00e9alisateur camerounais se lan\u00e7a dans un long itin\u00e9raire durant lequel il a v\u00e9cu r\u00e9alit\u00e9 et chim\u00e8res en France. Il commen\u00e7a avec un mat\u00e9riel amateur, ensuite il a autofinanc\u00e9 ses premiers films dont des courts m\u00e9trages et des documentaires. Pour lui, pour faire un film, il faut certes un sc\u00e9nariste, un producteur, mais il faut in\u00e9vitablement un distributeur et ce fut alors qu\u2019il collabora avec Canal Plus. Un v\u00e9ritable rapport de force entre la r\u00e9alisation et le financement&nbsp; auquel on est contraint d\u2019y plier et souvent ses films int\u00e9ressent beaucoup plus les fran\u00e7ais que les camerounais. \u00ab&nbsp;Je suis distributeur en France, dut-il pr\u00e9ciser, pour des films qui int\u00e9ressent beaucoup plus les fran\u00e7ais que les africains.&nbsp;\u00bb<\/p><cite>Jean Rock Patoudem<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote eplus-wrapper is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Fort de sa riche et longue exp\u00e9rience dans les milieux cin\u00e9philes, il commen\u00e7a dans les \u00e9missions t\u00e9l\u00e9. Pour Chouika, le probl\u00e8me, c\u2019est un c\u00f4t\u00e9 march\u00e9 et un c\u00f4t\u00e9 public. On n\u2019a jamais cess\u00e9 de crier haut et fort que le plus important, c\u2019est la diffusion du produit, mais ce cri n\u2019a jamais abouti et on ne cherchait donc qu\u2019\u00e0 survivre dans le domaine cin\u00e9matographique. La contribution des fonds publics a d\u00e9but\u00e9 en 1980 et devant l\u2019inconstance des partenariats, \u00e0 cause de l\u2019absence des retours et des obstacles&nbsp; en mati\u00e8re de diffusion et de distribution, on aboutit \u00e0 une certaine d\u00e9perdition des fonds publics. Il fallait g\u00e9rer la confiance et travailler dans l\u2019optique de nouvelles tendances ou nouvelles plateformes qui permettraient le d\u00e9passement des attentes de l\u2019aide \u00e9tatique.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Enfin, on compte beaucoup sur les \u00ab&nbsp;r\u00e9elles&nbsp;\u00bb coproductions internes initi\u00e9es surtout en termes d\u2019aides techniques. En g\u00e9n\u00e9ral, on est toujours oblig\u00e9s, par la force des choses, de qu\u00e9mander des conventions de production \u00e9tatiques et inter\u00e9tatiques.<\/p><cite> Driss Chouika<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"eplus-wrapper wp-block-paragraph\"><strong><em>D\u00e9bats<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"eplus-wrapper wp-block-paragraph\">L\u2019assistance a suivi avec un grand int\u00e9r\u00eat les itin\u00e9raires combien \u00e9pineux de nos trois cin\u00e9astes avec des fois des moments d\u2019\u00e9motion, il en r\u00e9sultat et \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 que la passion du cin\u00e9ma existe, que le r\u00eave de faire du beau et du grand cin\u00e9ma existe, que l\u2019esprit de l\u2019innovation et de la cr\u00e9ativit\u00e9 existe, mais les rouages de la production cin\u00e9matographique et surtout de la distribution sont \u00ab&nbsp;jonch\u00e9s&nbsp;\u00bb de manipulations des fois occultes et beaucoup de jeunes r\u00e9alisateurs, stress\u00e9s pour ne pas dire \u00ab&nbsp;d\u00e9chir\u00e9s&nbsp;\u00bb entre r\u00eave et r\u00e9alit\u00e9s bien am\u00e8res, abandonnent \u00e0 mi-chemin \u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"eplus-wrapper wp-block-paragraph\">Financement, production, coproduction en Afrique, un d\u00e9bat qui tourne souvent \u00e0 l\u2019illusion et \u00e0 la d\u00e9sillusion, alors comment faire se demanda la salle&nbsp;? Beaucoup de colloques et de recommandations sont rest\u00e9es \u00ab&nbsp;lettres&nbsp;\u00bbmortes&nbsp;\u00bb dut d\u00e9clamer un intervenant. Quand on demande des aides externes \u00e0 l\u2019Afrique, on n\u2019a plus cette libert\u00e9 d\u2019exprimer nos id\u00e9es et nos id\u00e9aux. Dans tous les cas, il faut revenir aux films qui racontent, qui parlent l\u2019Afrique, dut s\u2019\u00e9crier un intervenant dans cette douce col\u00e8re propre \u00e0 notre continent doubl\u00e9e d\u2019un soupir qui en dit long. 2 millions d\u2019euros pour 600 productions cin\u00e9matographiques, comment faire et partager ce pactole, d\u00e9non\u00e7a un cin\u00e9aste tunisien, \u00ab&nbsp;on est dans le n\u00e9gatif d\u00e8s le d\u00e9part&nbsp;\u00bb. Au Cameroun par exemple, il n y a pas de salles de cin\u00e9ma et quand on fait un film camerounais, il passe en France, allez comprendre&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"eplus-wrapper wp-block-paragraph\">Seule la coproduction entre Etats africains reste une lueur d\u2019espoir de d\u00e9velopper la production cin\u00e9matographique africaine. Il faut donc changer de paradigmes car l\u2019a si bien dit un intervenant, le cin\u00e9ma est un art, mais d\u00e8s que le c\u00f4t\u00e9 argent s\u2019interf\u00e8re, le c\u00f4t\u00e9 artistique, culturel et m\u00eame humain s\u2019y perd. Enfin des intervenants interpellent les instances \u00e9lues pour exercer leurs influences sur l\u2019ex\u00e9cutif ne serait ce que pour construire ou rouvrir des salles de cin\u00e9ma\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"eplus-wrapper wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp; Bulletin <strong>ELAZHAR<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 travers tous les festivals africains du cin\u00e9ma, la principale probl\u00e9matique d\u00e9battue reste celle du financement de la production cin\u00e9matographique. Et comment est-il financ\u00e9 ? L&rsquo;argent vient-il principalement d&rsquo;Europe\u00a0? 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