SmartAddons lundi, juin 20th, 2016 -Views

Le cinéma tunisien renouvelle sa conception

Le cinéma tunisien renouvelle sa conception  avec

Nawfel Saheb-Ettaba  El Ziara ou la métaphore psychologique

 

Auteur et réalisateur, Nawfel Saheb-Ettaba donne à voir au public cinéphilique un thème difficile à traduire sur écran. Le film traite, en gros, la psychologie tourmentée du jeune chauffeur Youssef. Une personnalité pathologique qui provoque des souffrances, voire une altération de fonctionnement : antisocial, obsessionnel, fragile et isolé. Cet état est dû à un drame parricide qui le rend orphelin et amnésique depuis son jeune âge. Cependant, un coup de hasard le force à se trouver dans un rituel mystique de Stambali à la Médina de Tunis. Ce rite est présenté comme une pratique superstitieuse qui peut contribuer à la guérison des maladies mentales ; son apaisement se fait par une musique spirituelle et une danse d’origine subsaharienne. En fait, cette scène constitue l’élément qui  déclenche une quête identitaire d’une enfance imprégnée de tragédies.
Cette recherche de soi est ponctuée par un va- et-vient entre deux espaces divergents au niveau géographique et convergents à l’échelle thématique.  La Médina reflète l’image d’un univers fantasmagorique qui excite les démons « habitant »  Youssef, tandis que le centre ville évoque un aspect de modernité. Ce sont deux univers qui s’affichent en alternance pour servir de modèle à sa quête salutaire.
Rappelons aussi que cette prestation est basée sur un système binaire mêlant passé et présent/ Médina et centre ville/ bonté et méchanceté/ tradition et modernité/ rationnel et irrationnel.  Nous pouvons dire que le film joue essentiellement sur le suspense et que l’histoire commence vers la fin, sans oublier de mentionner la manière si parfaite par laquelle le scénario a été préparé.

En somme, nous constatons que le pari du réalisateur est de rendre explicite cette anomalie d’ordre psychopathologique. Notons  dans le même sens qu’il a été admis avec Freud que le libre arbitre n’existe pas vraiment et que nous sommes façonnés par l’extérieur, notre vécu et notre éducation.
Le film se présente donc comme un laboratoire de psychanalyse. Le Dr. Gil Cohen, psychiatre et auteur d’une thèse intitulée Psychiatrie et Cinéma souligne  que  « la représentation de la clinique psychiatrique à l’écran n’est pas à jeter […] » et ajoute que «  le cinéma est forcément déformant. Mais si on s’intéresse à certains points, à certaines scènes, on peut extraire des choses intéressantes pour décrire la réalité clinique. »

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